Le jour de Noël, BFM nous parle de Jésus le musulman, honte à vous.

(…) Une figure ambiguë

La foi musulmane le considère comme le représentant de la dernière révélation divine faite aux hommes avant que Mahomet, surnommé le « sceau des prophètes », ne débute sa prédication.

Le Coran se montre même plus disert à propos de Jésus que de Mahomet. Alors qu’au long des 114 sourates que compte le livre saint de l’islam, Mahomet est cité à quatre reprises, Jésus apparaît en toutes lettres (les quatre caractères qui forment « Isa », le nom de Jésus dans l’arabe originale) une douzaine de fois. Jésus tient donc une place non négligeable dans le texte coranique. Mais, comme l’islamologue Guillaume Dye, co-auteur entre autres de Figures bibliques en islam et l’un des contributeurs à l’ouvrage Jésus, une encyclopédie contemporaine, le détaille à BFMTV.com, toutes ces occurrences ne lui accordent pas la même importance:

« Jésus est une figure ambiguë dans le Coran. Des pans entiers du livre ne le mentionnent pas. A d’autres endroits, il est simplement inséré dans une longue liste de prophètes, parfois comme un personnage apparemment secondaire. Dans d’autres listes canoniques, il s’affirme plutôt comme l’un des messagers de Dieu les plus importants. Enfin, Jésus est clairement privilégié dans certains passages où il reçoit des qualificatifs que le Coran ne donne qu’à lui seul, comme ‘Verbe de Dieu’ et Esprit de Dieu’. Une expression, qu’on peut traduire par ‘Esprit saint’, est présente à quatre reprises et trois fois, elle est associée à Jésus ».

Interrogé lui aussi par BFMTV.com, Mehdi Azaiez, enseignant en islamologie à l’université catholique de Louvain en Belgique, note aussi ces nuances: « Il semble pour ma part que des passages du Coran ont une attirance particulière pour le personnage allant très loin dans un rapprochement avec les thèses chrétiennes que d’autres tempèrent pour insister sur la nature prophétique du personnage. » En-dehors du Coran, la tradition musulmane, composée d’écrits postérieurs à la mort de Mahomet, a peu à peu précisé la personnalité qu’elle attribue à Jésus: « La piété, la tendresse, et la douceur de Jésus sont des qualités assez mises en valeur », égrène Guillaume Dye.

Le « fils de Marie »

Cette image de « tendresse », Jésus la partage d’ailleurs dans le Coran avec sa mère, Marie. La série documentaire Jésus et l’islam de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat, diffusée par Arte il y a deux ans, faisait observer que Marie était la seule femme citée nommément dans le Coran. Elle apparaît même comme la préférée de Dieu. « Rappelle-toi quand les anges dirent: ‘Ô Marie, certes Allah t’a élue et purifiée; et Il t’a élue au-dessus des femmes du monde' », lit-on ainsi dans la sourate 3, au verset 42.

Une sourate, la dix-neuvième s’est même vu attribuer Marie comme titre. On y raconte la naissance de Jésus. Or, dans l’islam comme dans le christianisme, Marie est vierge. Après que l’ange Gabriel, envoyé par Dieu, lui a annoncé qu’elle aurait un fils, elle s’en étonne dans la mesure où « aucun homme (l’)a touchée et qu'(elle n’est) pas une prostituée ». Son interlocuteur la tranquillise au verset 21: « Il dit: ‘Ainsi sera-t-il! Cela m’est facile, a dit ton Seigneur! Et nous ferons de lui un signe pour les gens, et une miséricorde de notre part. c’est une affaire déjà enceinte' ». Et la volonté divine suffit alors à décider de la miraculeuse grossesse.

Fruit d’une vierge et de l’impératif divin, le Jésus des musulmans est-il fils de Dieu comme il l’est pour les chrétiens qui le tiennent en même temps pour Dieu lui-même? Non, l’islam rejette cette vision en de très nombreuses occasions, notamment dans le Coran, qui désigne souvent Jésus sous l’épithète de « fils de Marie », une expression qui vise notamment à exclure une filiation divine. Le Coran établit en outre un parallèle entre Jésus et Adam, comparant deux naissances qui n’ont rien à voir avec la procréation.

« La typologie comparant Adam et Jésus existe avant l’islam, dans le christianisme oriental et notamment syriaque », relève Guillaume Dye. « L’idée est de dire que Jésus est comme Adam. Dieu a dit: ‘Soit!’ et ils furent. En fait, l’acceptation par l’islam de la naissance virginale de Jésus posait problème et il fallait bloquer l’inférence chrétienne et éviter qu’on puisse dire que Jésus est le fils de Dieu. Le moyen utilisé par l’islam, c’est cette comparaison entre Jésus et Adam ».

La croix et ses ombres

Et la naissance n’est pas le seul moment de la vie de Jésus à susciter la controverse entre musulmans et chrétiens autour du personnage. L’islam a construit sa propre version de sa mort. Car si pour la religion de Mahomet également le périple de Jésus est lié à la croix, il n’est pas question d’imaginer, dans l’esprit des musulmans, un Jésus réellement crucifié. Les versets 157 et 158 de la sourate 4 représentent ainsi des juifs se vantant d’avoir mis à mort Jésus mais assurent qu’ils sont les victimes d’un jeu de dupes: « Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié; mais ce n’était qu’un faux semblant! (…) Mais Dieu l’a élevé vers Lui ».

Ce qu’il s’est passé sur la croix devient dès lors sujet à caution. Les théologiens musulmans ont, au fil des siècles, suggéré plusieurs pistes. Pour les uns, c’est l’ombre de Jésus qui a été clouée sur l’instrument de torture, pour d’autres, un sosie a pris sa place, d’autres enfin imaginent même que c’est Judas qui a hérité du rôle de l’exécuté. Voilà pour certaines des théories les plus populaires. Une question alors se pose: Jésus, tout humain qu’il soit selon l’islam, est-il mort physiquement avant de rejoindre Allah au paradis? Mehdi Azaiez nous répond en s’appuyant sur une évocation coranique faite au verset 55 de la sourate 3 qui est le suivant: « Rappelle-toi quand Allah dit: ‘Ô Jésus, certes, je vais mettre fin à ta vie terrestre, t’élever vers moi (…)' ». « C’est le sens du mot mutawaffîk (rendu dans la traduction ci-dessus par « mettre fin à ta vie terrestre ») qui a posé problème aux exégètes. Parmi eux, Tabarî mentionne des traditions qui penchent pour une mort physique quand d’autres comme Ibn Kathîr décrivent, à travers d’autres traditions, l’action de Dieu qui endort Jésus et le réveille au paradis le dispensant ainsi de mourir de façon naturelle », commente Mehdi Azaiez.

Quand Mahomet rêve de Jésus

En tout cas, une fois dans l’au-delà, Jésus ne quitte pas la scène islamique pour autant. Dans un récit que la tradition a conservé du voyage prêté à Mahomet au paradis durant son existence, Jésus est l’un des quelques prophètes qui l’accueillent dans cet autre monde. Un autre écrit témoigne du lien unique tressé entre Jésus et Mahomet pour les musulmans. Dans un recueil de hadith, c’est-à-dire les recensions des actes et des paroles attribués à Mahomet et ses compagnons, un texte rapporte en effet un rêve du Mecquois:

« L’apôtre d’Allah a dit: ‘Aujourd’hui, je me suis vu en rêve près de la Kaaba. J’y ai vu un homme pâle et brun, le plus beau de tous les hommes bruns qu’il se puisse voir. Il avait les cheveux les plus beaux qui retombaient derrière ses oreilles. Ils étaient peignés et de l’eau en dégoulinait. Il accomplissait le tour de la Kaaba, appuyé sur les épaules de deux hommes. Je demandais: ‘Qui est-ce?’ On me répondit: ‘C’est le Messie, fils de Marie’. Soudain, je vis un homme aux cheveux bouclés, aveugle de l’œil droit qui ressemblait à un grain de raisin proéminent. Je demandais: ‘Qui est-ce?’ On me répondit: ‘C’est le Dajjal’. »

La fin des temps

On tient là le curieux et inquiétant binôme dont Jésus se trouve affublé et qu’il doit affronter lorsque l’islam se met à parler d’apocalypse: le Dajjal, c’est-à-dire le « Trompeur » en français, un faux Messie comparable à l’Antéchrist. « Jésus a un rôle eschatologique central », pose l’islamologue Guillaume Dye avant d’expliquer la signification de cette affirmation: « le retour de Jésus sur Terre marque la fin des temps ». Et cette résurrection, selon cette tradition musulmane ultérieure au Coran, serait mauvais signe pour les juifs mais aussi pour les chrétiens: « Jésus reviendrait à la fin des temps affronter l’Antéchrit, le Dajjal. Après son triomphe contre ce dernier, Jésus sera le témoin contre ceux, Gens du Livre qui ont affirmé sa divinité, en l’occurrence les chrétiens, ou rejeté son statut de prophète, en l’occurrence les juifs », développe Mehdi Azaiez.

Car si Isa, le Jésus musulman, dessine d’évidents liens de parenté en direction du Christ des églises, dont il est séparé tout de même par de profondes divergences théologiques, il ne faut pas oublier une donnée essentielle: au long des époques et des siècles, il sera employé comme outil de polémique contre les monothéismes qui ont précédé l’islam.

Source

Note : Le jour de Noël chez BFM on hésite pas le clientélisme musulman ça rapporte, blasphémer le christianisme ça doit rapporter aussi, article complètement abject, à vomir, et complètement déplacé le jour de Noël .
Apparemment chez BFM la honte ne les étouffe pas .

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Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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