Le chiffre inquiète : 70 à 80 condamnés pour terrorisme sortiront de prison dans les deux ans. La Chancellerie se dit prête à y faire face.

L’alerte est donnée. La justice risque de se trouver, dans les mois qui viennent, confrontée à un casse-tête : comment traiter le cas des dizaines de personnes condamnées depuis 2010 pour des faits de terrorisme et qui vont être libérées à l’issue de leur peine ? Pour Jean-Charles Brisard, président du Centre d’analyse du terrorisme (CAT), la menace se profile à un horizon de plus en plus proche. Car le degré de dangerosité des détenus libérables reste une inconnue.

Son think tank spécialisé suit la totalité des audiences jugeant les infractions liées au terrorisme. La plupart d’entre elles concernent actuellement les « returnees », ces djihadistes volontaires de retour de la zone irako-syrienne où l’État islamique ne cesse d’enregistrer des revers militaires. Filières dites de Strasbourg, d’Albertville, de Nîmes, du Val-de-Marne, du Sud-Ouest et dernièrement d’Orléans se sont ainsi succédées au fil des mois.

Selon la statistique du CAT, 126 de ces « revenants » ont déjà été jugés. Une peine moyenne de six ans de prison a été prononcée par le tribunal, le maximum possible étant de dix ans. « Est-ce vraiment dissuasif pour des gens qui ont combattu sur zone? », s’interroge Jean-Charles Brisard.

Mais d’après lui, le sujet principal d’inquiétude réside dans l’imprévision de l’après-détention. « Surtout, cela veut dire que d’ici 2020, 60 % de ces condamnés seront libérables. Pour le seul mois de novembre, sur 13 individus jugés, sept sont théoriquement libérables d’ici deux ans. » La diversité des profils pose également problème. Comment discerner les ex-détenus qui ont tourné la page de leur engagement de ceux qui restent des partisans convaincus du djihad ?

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