Bonne nouvelle : Alain Soral condamné à 3 mois de prison ferme, en appel, pour négationnisme

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme salue la décision de la. Cour. D’Appel de Paris qui le 9 novembre a confirmé la condamnation prononcée contre Alain Soral pour injures à caractère racial et contestation de crime contre l’humanité


Maître Nicolas SALOMON, avocat de l’Organisation Juive Européenne, a représenté le BNVCA dans ce procès jusqu’à l’audience de la Cour d’appel de Paris du 9 novembre 2017 à laquelle était jugé Alain SORAL Ce dernier directeur de publication du site internet Egalité et Réconciliation,était poursuivi pour avoir fait diffuser le dessin dit « CHUTZPAH HEBDO ».
L’auteur de ce dessin abject étant resté inconnu, seul SORAL avait été poursuivi et condamné en première instance.
Il avait interjeté appel du jugement de la 17e chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris du 14 mars 2017, l’ayant condamné à la peine de 3 mois d’emprisonnement ferme.
Pourtant appelant, SORAL n’a pas daigné venir s’expliquer devant les juges d’appel.
Le Parquet Général a requis la confirmation de la peine au regard de la gravité des faits.
Le. BNVCA reste attentif à la décision finale qui sera rendue le 18 janvier 2018.

De Lou Kolnikoff

Soral fait donc des vidéos…. Et le chapitrage du dernier épisode des élucubrations d’Alain, laisse plutôt songeur. Au programme : «la question raciale pour empêcher l’intégration sociale», «Michelle Obama : prochaine candidate du Système ? (noire et femme, donc doublement de gauche !)», un éloge machiste de Fidel Castro et une réflexion puante sur les deux dangers qui menaceraient les musulmans de France : Daech et la réforme de l’islam… Deux heures trente minutes durant, ivre de ses mots, le discoureur jubilera vulgairement de références agitées à la face d’un public benêt. Détail qui a son importance : on apprend que l’auteur de Comprendre l’Empire s’est débarrassé de ses ambitions littéraires. Il explique : «J’ai pas le temps de me retirer pour écrire et revenir dans deux ans. Parce que quand on écrit ses livres soi-même, c’est un ou deux ans de travail. Donc je le fais de façon… Un peu… Socratique ! N’oublions pas que Socrate n’a jamais rien écrit, ni Jésus !» Le fonctionnement de son entreprise serait subitement devenu collaboratif. Et tandis que son chef amasse les bénéfices, ses adeptes serviables et corvéables à merci s’échinent. Une garde-rapprochée cantonnée aux seconds rôles, hystérisée par dix années d’un discours plusieurs fois condamné par la justice. Hautement contestable sur le fond, cette curieuse organisation du travail a le mérite de l’efficacité. En quelques années, l’offre de «ré-information» proposée par Egalité & Réconciliation s’est considérablement étendue. En plus des vidéos évoquées plus haut, des reportages, articles de décryptage et autres dessins complètent l’offre du site. Méconnue du grand public, cette utilisation soralienne des caricatures interpelle. A elle seule, elle concentre toutes les névroses de l’idéologue.
Taubira en guenon, Macron en efféminé, Valls en agent du CRIF…
Avril 2016. Quelques jours après les attentats de Bruxelles, le site Égalité et Réconciliation met en ligne un dessin représentant Charlie Chaplin devant l’étoile de David, avec dans une bulle «Shoah où t’es ?». Une caricature qui reprend les codes de Charlie Hebdo, pour l’occasion renommé «Chutzpah Hebdo» (chutspah, mot hébreu signifiant «le culot»). Une plainte est déposée. L’UEJF se porte immédiatement partie civile. Pour le tribunal correctionnel de Paris, cette question, ainsi que la mention «historiens déboussolés», «traduisent qu’il serait légitime de s’interroger sur l’existence de la Shoah» et «reflète et insinue chez le lecteur que l’idée que la Shoah serait non une réalité indiscutable, mais une fabrication de l’esprit». Pour la première fois, Soral est condamné à trois mois de prison ferme pour contestation de crime contre l’humanité et injure raciale. Surgit alors la face cachée de l’iceberg. Depuis des années déjà, Egalité & Reconciliation utilise le caricatures pour faire rire avec le racisme. Chaque dimanche, le site propose une sélection «pour rire ensemble contre la Haine, dans la joie et la bonne humeur, en attendant des jours meilleurs !» Derrière les mots sympathiques, de sombres desseins… Puisqu’une image vaut parfois mieux que de grands discours, nous avons sélectionné quelques «illustrations» relayées par E&R. Ouvertement racistes, homophobes, antisémites ou négrophobes, ces images cherchent moins la gaudriole que la conquête des esprits. En se répétant chaque semaine, les poncifs lourdement rabâchés deviennent des vérités. Loin de nous l’idée de démonter un à un les clichés véhiculés par ces caricatures. La haine qu’elles véhiculent, leur caractère outrancier, leur vulgarité suffisent à les disqualifier. Remarquons à ce stade qu’elles semblent obéir à quelques tendances lourdes. Pour espérer figurer dans la sélection hebdomadaire d’E&R, mieux vaut privilégier «les dessins aux photomontages» et l’exploitation de thèmes qui font mouche. Pas une semaine sans dénonciation d’Israël comme un pays d’apartheid, du business de la Shoah et le pouvoir occulté de financiers juifs cosmopolites aux nez crochus… Loin d’être coincés dans leur bulle, les dessinateurs réagissent également à l’actualité. Ont ainsi fait leur apparition des thèmes dans l’air du temps : La lutte contre la vaccination, l’opposition farouche aux Jeux Olympiques, la représentation du Président Macron en homosexuel efféminé… Les tendances vont et viennent : Il y a encore quelques mois, Christiane Taubira se trouvait invariablement représentée en guenon, Bernard-Henri Lévy en va-t-en-guerre et Manuel Valls en agent du CRIF. Les internautes adorent ! Au bas de l’article, la section commentaire ressemble à un défouloir. On loue le courage de ces esprits libres luttant contre le politiquement-correct. Le reste de la page renvoie aux caricatures des semaines passées ainsi qu’aux livres édités par les éditions soraliennes Kontre Kulture. Il serait dommage de ne pas profiter de la manne…
L’ombre iranienne
D’où vient cette soudaine passion soralienne pour les caricatures ? Pour le comprendre, il faut revenir quelques années en arrière. En 2009, à l’occasion des élections européennes, Soral et sa clique montent une liste antisioniste. Dans cette armée mexicaine, l’acolyte Dieudonné et le dénommé Yahia Gouasmi, un des hommes de main du pouvoir iranien sur le continent européen. Pour trouver les fonds nécessaires à la candidature antisioniste, Gouasmi va faire jouer ses réseaux. «Les iraniens» donneront 3 millions d’euros au trio, information confirmée par Soral en personne au cours d’une conférence de presse: «Si on a pu faire la liste antisioniste qui a coûté 3 millions d’euros, c’est parce qu’on a eu l’argent des Iraniens. Faut le dire, faut être honnête. Si on ne les avait pas eus, on n’aurait pas pu le faire : on n’a pas 3 millions d’euros. Surtout qu’on les a perdus, puisque pour être remboursé, il fallait faire 5% minimum.» Plus tard, l’idéologue prétextera une erreur sur l’enveloppe totale, parlera de 300 000 euros, somme non plus fournie par le pouvoir iranien mais par la communauté chiite de France dont Gouasmi fut le représentant. Gigantesque reculade… La liste antisioniste recueillera finalement 1,30% des suffrages en Ile-de-France. Le rêve d’une conquête du pouvoir par les urnes se dérobe à nouveau. Mais l’essentiel est ailleurs : des liens sont noués entre Soral et Téhéran. Egalité & Réconciliation cherchera sans tarder à capitaliser sur cette amitié, en profitant des largesses de son nouvel allié. A Paris, des liens s’établissent vite avec l’ambassade iranienne. Sans suite. L’idéologue persiste. Fin septembre 2014, entouré de Thierry Meyssan, Thomas Werlet,Joe Lecorbeau, Maria Poumier et Dieudonné, on le retrouve à Téhéran . Objet de l’invitation : une conférence sur les théories conspirationnistes. Quelques mois plus tard, survient la tuerie de Charlie Hebdo. Douze morts… Les survivants ne transigent pas. L’équipe du journal satirique sortent sans tarder un numéro 1178, baptisé «numéro des survivants». Le soutien populaire est massif. A la une, une caricature du prophète Mahomet. On voit ce dernier brandir une pancarte «Je suis Charlie». Voilà que le dessin embrase à nouveau le monde musulman… Du Pakistan à l’Algérie, du Sénégal au Niger[8], des milliers de personnes manifestent contre Charlie après la prière du vendredi. En Iran, la réaction de la rue est particulièrement virulente. Devant l’ambassade de France, une foule de manifestants menace: «A bas Israël» et «Mort à la France». Les gardiens de la Révolution sont remontés. En guise de riposte aux caricatures du prophète, Téhéran va financer un concours de caricatures sur l’Holocauste. Devinez qui remporte le premier prix (et le chèque de 12 000 euros qui l’accompagne) de l’édition 2015 ? Zéon, un proche d’Alain Soral ! Son dessin victorieux représente le camp d’Auschwitz en tiroir-caisse. Pour en expliquer le sens, «l’artiste» pioche dans le répertoire d’E&R et récite le couplet bien connu du négationnisme menant à la critique d’Israël. Détail notable, Zéon s’exprime ici dans les colonnes de l’organe de propagande poutinien RT. «Ce dessin, intitulé Shoah Business » dénonce la marchandisation et l’utilisation comme arme politique de l’holocauste, qui est aussi un des principaux tabous « sacrés » du monde occidental contemporain. Il ne fait que retranscrire la vérité connue de tous les initiés, qui consiste à traiter d’antisémite toute personne qui pose problème. Une ex-ministre israélienne, Shulamit Aloni, le reconnait très simplement : lorsque quelqu’un critique Israël, on lui sort la « combine de l’holocauste » pour le faire taire.» Ex-grapheur de 32 ans, Zéon, de son vrai nom Pascal Fernandez, n’est pas un inconnu dans la galaxie rouge-brune. En 2012, il dessinait Yacht People, une bande-dessinée scénarisée par Alain Soral et Dieudonné, sous-titrée «Quenelle en haute mer»… L’ouvrage, qui pourfend la vulgarité d’un Occident décadent, était alors édité par deux maisons d’édition : le label soralien Kontre Kulture, et les Productions de la plume, l’organe de Dieudonné. De là à imaginer que les amis français de la République islamique auraient soufflé le nom de leur protégé aux organisateurs du concours de caricatures de la Shoah…
Une riposte à Charlie Hebdo…
Dans les mois qui suivent la tuerie de Charlie Hebdo, les dessins «humoristiques» se font de plus en plus visibles sur le site d’Egalité & Réconciliation. En bon aspirateur à tendance, Alain Soral tient son nouveau filon. Puisque le peuple français redécouvre le pouvoir de la caricature, puisque des millions de citoyens descendent dans les rues pour soutenir la liberté d’expression, l’agité du bocal va dérouler le tapis rouge à des dessinateurs testant les limites de la liberté de création. Pour l’occasion, une adresse email est spécialement créée par les webmasters d’Egalité & Réconciliation, chacun peut contribuer. L’initiative marche fort. Chaque semaine, des dessins de caricaturistes professionnels ou amateurs sont présentés. Parmi ces créateurs «dissidents», outre le fameux Zéon, on trouve pris au hasard, le dénommé Adolf. Est-ce vraiment un hasard si ce dernier partage son prénom avec celui du Führer ? Toujours est-il qu’en header de sa page Facebook, un dessin représente quatre juifs religieux, portant au bras des bandeaux siglés «CRIF», «LICRA», «SOS RACISME», «MRAP». Signification : sous couvert de bons sentiments, les israélites organiseraient la censure… Le reste de sa page appartient au même registre. Au programme : dénonciation de l’élan populaire en hommage aux victimes de Charlie Hebdo, blagues antisémites, tacles appuyés à l’endroit de «Madame Bonobo» (comprendre la députée France Insoumise Danièle Obono). Sans parler de la sempiternelle obsession anale si caractéristique de la pensée soralienne… Creusons encore. Autoqualifié de «gentil et de taquin», le même Adolf possède un blog sur lequel il affichait, jusqu’en 2014, ses meilleurs dessins. Là encore, cette monomanie concernant le judaïsme, les juifs, Israël et la Shoah. Dans un post intitulé «Kollaboration» accompagné d’un cliché de Pétain serrant la main d’Hitler, on apprend que le caricaturiste collabore avec la revue Réfléchir & Agir. Qualifiée «d’antipoison radical à la bien-pensance et au meilleur des mondes de notre Système orwellien», la parution se présente comme «ouvertement européenne, païenne, identitaire, socialiste (et anti-capitaliste)». Inconnu du grand public, son fondateur Eric Rossi possède un drôle de CV. Le site militant Reflexes nous apprend qu’il appartint à la mouvance skinhead sévissant au Parc des Princes (Kop of Boulogne), avant de se faire exclure par le FN, en 1985, pour positions extrêmes. Le 28 mai 1988, à l’issue d’un concert, Rossi est arrêté en possession d’un fusil à pompe. Par la suite, il aurait abandonné le coup de poing pour mener le combat d’idées. Mais rien qui ne l’empêche pourtant d’intituler le dernier numéro de sa revue: «Il faut buter la République» ! Par le passé, Edvard Limonov, Jean Raspail, Brigitte Bardot, Eric Zemmour, Roland Dumas, Vladimir Volkoff, Dieudonné, Jean-Marie Le Pen, Renaud Camus et Alain Soral lui accordèrent chacun un grand entretien. De caricatures en vidéos, de blogs en revues, pas de doute : la fachosphère fonctionne en réseau, elle couronne ses propres idoles et fait émerger de nouvelles créatures effrayantes, défiant chaque jour un peu plus le vivre-ensemble.

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Source 2

Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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