Emmanuel Macron a-t-il été convaincant ?

Pour la première fois depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron s’est prêté au délicat exercice de l’interview télévisée, dimanche 15 octobre. S’il avait accordé un long entretien à la chaîne américaine CNN, le chef de l’État avait jusque-là évité l’audiovisuel français. Souhaitant éviter de souscrire à « une présidence bavarde », selon ses propres termes, Emmanuel Macron avait toutefois déjà eu l’occasion de s’exprimer, dans Le Point puis, plus récemment, à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Face à Anne-Claire Coudray, Gilles Bouleau et David Pujadas, le Président a eu l’occasion d’expliquer les premières mesures prises par le gouvernement d’Édouard Philippe, concernant les ordonnances pour la réforme du Code du travail, l’emploi, le logement ou la lutte contre le harcèlement. « En ce qui concerne les intentions d’Emmanuel Macron, je crois qu’elles étaient double : la première (…) était de se défendre de l’étiquette qu’on essaie de lui coller sur le dos de président des riches (…). L’autre chose, c’est qu’il cherchait à donner une interprétation générale, une clarification, un mode d’emploi de sa politique économique et surtout, sociale », estime Alain Duhamel.

Selon l’éditorialiste de RTL, le chef de l’État a, sur la forme, alterné le bon et le moyen. « Il était très compréhensible sur la fiscalité, estime-t-il. En revanche, quand il s’agit du logement, le raisonnement est abstrait, difficile à comprendre ». Un avis partagé par Alba Ventura, qui considère qu’Emmanuel Macron « sait où il veut aller, notamment sur les sujets économiques ». Une assurance que l’éditorialiste n’a pas retrouvée sur la question de la PMA : « Il était un peu flou. On ne sait pas trop s’il y aura une loi sur la PMA ouverte à toutes les femmes ».

On lui a demandé de venir faire de la pédagogie. C’est ce qu’il est venu faire

Alba Ventura
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Dans l’ensemble, Emmanuel Macron a, selon les éditorialistes de RTL, réussit son exercice de pédagogie. « On lui a demandé de venir faire de la pédagogie sur ses réformes et sa vision économique. C’est ce qu’il est venu faire », appuie Alba Ventura.

Les Français sceptiques ?

Le Grand Entretien, qui aura duré environ 1h15, a-t-il permis au Président d’expliquer son action, comme le prévoyait l’Élysée ? Selon un sondage Harris publié ce lundi 16 octobre, l’exercice ne serait pas totalement réussi. Au total, 61% des Français interrogés disent ne pas avoir été convaincus. Dans le détail, les sondés semblent particulièrement circonspects par rapport aux explications concernant la politique sociale du Président (seulement 35% de convaincus). Un chiffre qui remonte lorsque vient les questions économique (40%) et, surtout, internationale (50%).

Les lecteurs de RTL.fr partagent globalement ce sentiment. Vous êtes 64% à ne pas avoir été convaincus par Emmanuel Macron (sondage à valeur non scientifique, ndlr). Pour le politologue Gaël Brustier, polémiste régulier d’On refait le monde, « le verbe (de Macron, ndlr) n’opère plus ». Des propos qui trouvent un écho auprès de François Lenglet. Selon l’éditorialiste économique de RTL, Emmanuel Macron « a rassuré son électorat de premier tour et pas les autres ».

 

Outre les explications politiques, certains semblent avoir eu du mal à comprendre la manière dont Emmanuel Macron a justifié l’emploi de mots qui ont pu faire polémique ces dernières semaines. Le Président a affirmé assumer « totalement » les mots « fainéants », « cyniques » ou « foutre le bordel » mais a tenu « à faire un distinguo important ». Selon lui, « quand on dit cela, on n’agresse pas les Françaises et les Français. Et je ne le ferai jamais parce que je considère l’ensemble de mes concitoyens ». Des propos très commentés sur les réseaux sociaux.

 

De nombreux internautes ont également regretté qu’Emmanuel Macron passe autant de temps à évoquer ces polémiques et auraient préféré l’entendre sur d’autres sujets.

Source

 

Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

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